Mick Jagger

by Jean-Sebastien Stehli, Juillet 2006 (France)


Peter Lindbergh dit s’intéresser avant tout à la « géographie des visages». Avec Mick Jagger et Keith Richards, les deux sujets de son exposition à la galerie parisienne Acte 2, Like a Rolling Stone, le photographe allemand est servi. Difficile d’être plus photogénique que les deux lascars. Mick, élégant et androgyne, Keith, le visage creusé de profonds sillons, couvert de grigris, ressemblant à un vieux chaman. Les 28 portraits géants en noir et blanc ont été pris de 1995 à 1999. Lindbergh, habitué depuis trente ans aux séances en studio, avec assistants et top-modèles pour tous les grands magazines de mode, «shoote» les deux «Glimmer Twins» en toute décontraction. Il demande à Mick Jagger – qui le prend pour un malade – de descendre dans la rue, à Londres. >«C’etait aerien, raconte-t-il. Lui marchait devant et moi je courais derriere. On a bien rigole ». Encore plus impensable de faire poser Keith, cigarette dans une main et vodka-Orangina dans l’autre. Lindbergh fait monter le guitariste des Stones sur un toit de Manhattan et obtient cequi restera comme le portrait le plus puissant du musicien Keith Richards, impérial, sceptre à la main. Sans doute pour se remettre de la beauté du Diable, Peter Lindbergh rêve maintenant de photographier le Dalaï-Lama.